Il y a des silences qui tuent à petit feu, et des confrontations qui ne mènent nulle part.

Tu te sens coincé entre ton corps qui crie « parle » et la Bible qui dit « tais-toi »?

Entre les neurosciences qui montrent comment la répression de l’expression rend malade, et les versets qui appellent à garder le silence et laisser Dieu agir, que faire ?

Tu n'es pas rebelle. Tu es humain.

La fable qui éclaire tout

C'est l'histoire de la tortue et du scorpion.
La tortue, bonne, généreuse, veut aider le scorpion à traverser la rivière en le portant sur son dos. Le scorpion lui promet de ne pas piquer.
La tortue porte le scorpion. Au milieu de la rivière, il la pique.
En coulant, alors qu’ils mourraient tous les deux, la tortue demande au scorpion :

« Pourquoi m’as-tu piqué alors que tu avais promis de ne pas le faire? Tu savais pourtant que toi aussi tu mourrais. En me piquant, on coule tous les deux »
Le scorpion répond : « Je ne pouvais pas faire autrement. C'est dans ma nature. »

La morale n'est pas que le scorpion est mauvais.
La morale est que certaines structures intérieures sont immuables.
Tu peux tout expliquer, tout pardonner, tout espérer.
Si l'autre fonctionne avec une logique de piquer, il piquera.
Peu importe tes raisons.

Dans nos vies, combien de fois avons-nous été la tortue ?
On croit qu'avec plus d'amour, plus de patience, plus de conversations, l'autre changera.
Mais parfois, l'autre ne peut pas changer.
Pas par méchanceté, mais par structure.
Blessure profonde, narcissisme, système relationnel toxique, environnement rigide…
Ce ne sont pas des « mauvais choix » qu'on corrige en parlant.
Ce sont des façons d'être installées profondément dans leurs schémas neuro cognitifs et émotionnels.

Alors, que faire ?
Exprimer jusqu'à l'épuisement ? Ou se taire jusqu'à la dépression ?

Joseph : le maître du discernement structurel

On nous présente souvent Joseph comme le modèle du pardon inconditionnel.
« Vous avez voulu me faire du mal, Dieu l'a changé en bien » (Genèse 50:20).
C'est vrai. Joseph a pardonné.

Mais regarde comment il a pardonné. Il n'a pas restauré la relation aveuglément.
Il a mis en place un processus de test qui dure des chapitres entiers.

1. Le Juda d'avant avait une structure de survie
En Genèse 37:26-27, Juda, frère de Joseph, est pragmatique, pas compatissant :
« Juda dit à ses frères : "Que gagnerons-nous à tuer notre frère ? […] Vendons-le."»
Il évite le meurtre direct, mais livre son frère à l'esclavage. Aucun remord visible.

Est-ce que ça ne te rappelle pas certaines personnes qui sont fières de ne pas avoir participé à ta “mise à mort”, mais ce sont les mêmes qui ont ordonné “ta vente comme esclave”?

Dans le monde actuel, tout le monde essaie de survivre.

Ceux qui ne te tuent pas dans leur lutte pour la survie, ne te soutiennent pas non plus lorsque ta présence dérange un système qui les nourrit.

Ils font semblants. Ils trahissent par leur silence.

C’est l’une des plus grandes sources de blessures dont on ne parle pas toujours : la trahison de ceux qui auraient dû te défendre, t’aimer et te protéger.

À la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis.

Martin Luther King

L’hypocrisie fait très mal. Même Jésus-Christ a été affecté par cela.

Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis à la chaux : à l'extérieur ils ont une belle apparence, mais l'intérieur est rempli d'ossements et de toutes sortes de choses impures.

Matthieu 23: 27-32

2. La première mise à l'épreuve
Joseph exige que Benjamin vienne. Il garde Siméon en prison comme gage (Genèse 42:24).
Premier test : vont-ils abandonner Siméon comme ils ont abandonné Joseph ?

3. Le début du changement
Stressés par le test de Joseph (dont ils ignoraient encore la vraie identité) et remplis de remords, les frères reconnaissent leur faute :
« Nous étions coupables envers notre frère […] nous avons vu l'angoisse de son âme quand il nous suppliait.» (Genèse 42:21)
Juda ajoute même : « Son sang est redemandé.» (v. 22)
La culpabilité perce. Mais est-ce durable ?

4. La scène du crime recréée
Joseph recrée exactement la situation qui a déclenché la jalousie.
Il fait servir Benjamin cinq fois plus que les autres (Genèse 43:34).
C'est la même dynamique que Jacob favorisant Joseph avec sa tunique.
Scène du crime revisitée. Joseph observe : vont-ils réagir avec la même attitude de jalousie et de violence envers Benjamin comme ils l’avaient fait envers moi ?

5. Le test ultime : la coupe dans le sac
Joseph fait placer sa coupe d'argent dans le sac de Benjamin, puis l'accuse de vol.
La sentence : Benjamin restera esclave, les autres sont libres (Genèse 44).
C'est là que tout se joue.

6. La transformation de Juda : preuve structurelle
Juda s'approche et prononce un discours radicalement différent de Genèse 37 :
« Maintenant, je reste à la place de l'enfant comme esclave […] Car comment pourrais-je remonter vers mon père, si l'enfant n'est pas avec moi ? Non, je ne verrais pas l'affliction qui atteindrait mon père.» (Genèse 44:33-34)

Compare :

  • Avant (Genèse 37) : « Vendons-le… Que nous importe ?»

  • Maintenant (Genèse 44) : « Je reste esclave à sa place… pour ne pas faire souffrir mon père.»

7. La révélation seulement après la preuve
Alors seulement Joseph se révèle :
« Joseph ne pouvait plus se contenir […] Il dit à ses frères : "Je suis Joseph !"» (Genèse 45:1-3)

Pourquoi attendre jusqu'ici ?
Parce que Joseph avait besoin de preuves structurelles, pas de bonnes intentions.
Il a observé leur cœur à travers trois tests successifs, et surtout à travers la transformation de Juda.

Le cadre pratique : comment faire aujourd'hui ?

  1. Exprime une fois, clairement
    Le silence biblique n'est pas la répression émotionnelle.
    Dire « je me suis senti blessé.e quand tu as fait cela », ce n'est pas se venger. C'est être fidèle à la vérité.
    Une fois. Clair. Puis observe.

  2. Teste la structure comme Joseph
    Comment réagit l'autre ?
    Écoute-t-il ? Montre-t-il du remords ? Change-t-il ?
    Ou minimise-t-il, contre-attaque-t-il, puis recommence-t-il ?
    Le test n'est pas de la méfiance, c'est de la sagesse.
    « Soyez prudents comme des serpents » (Matthieu 10:16).

  3. Pardonne intérieurement
    Pardonner, c'est lâcher la dette devant Dieu.
    Tu peux pardonner sans que l'autre ne change.
    C'est un acte de libération pour toi.

  4. Ouvre ou ferme l'accès selon la structure interne
    Si la structure interne a changé, comme pour les frères de Joseph, tu peux rouvrir progressivement.
    Si la structure est inchangée, comme le scorpion, tu fermes l'accès.
    « Je te pardonne, mais je ne me remets pas dans une situation où tu pourras me piquer à nouveau. »

Parole aux chrétiens atypiques / neuro-atypiques

Pour toi qui perçois tout, qui sens les micro-blessures, qui analyses en arborescence :
Cette tension entre « devoir parler » et « devoir se taire » est encore plus déchirante.

Ton cerveau capte les structures intérieures des personnes très tôt, souvent avant les autres.
Tu vois les schémas répétitifs, les incohérences entre les paroles et les actes.
Mais on te dit que tu « analyses trop », que tu « devrais faire plus confiance ».

Voici ce qui est différent pour toi :

  • Tu satures vite quand tu retiens ta parole.
    La répression chez toi ne reste pas silencieuse : elle tourne en boucle, charge ton système, finit par sortir en explosion ou en somatisation.

  • Tu vois ce que Joseph voyait : la nature structurelle des personnes.
    Mais cette clairvoyance peut devenir un piège si tu crois que voir oblige à réparer.
    Non. Voir oblige à discerner, pas à porter indéfiniment.

  • Ton intensité émotionnelle te fait vivre ces tests relationnels avec une acuité douloureuse.
    Quand tu exprimes une blessure et que l'autre minimise, c'est comme si on niait ta réalité sensorielle même.

Retiens bien ceci :
Ton discernement n'est pas un défaut. C'est ton outil de survie.
Comme Joseph, tu as le droit, et même la responsabilité, de tester les structures internes avant de rouvrir l'accès.

Mais attention : ne confonds pas tester avec contrôler.
Tester, c'est observer si la nature a changé.
Contrôler, c'est essayer de forcer le changement.
Joseph n'a pas essayé de changer ses frères. Il a observé s'ils avaient changé.

Pour toi, la transmission est vitale, tu ne peux pas tout garder en toi.
Mais apprends de Joseph : transmets à ceux dont la structure interne peut recevoir.
« Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux. » (Matthieu 7:6)
Tes perles, tes intuitions, ta sensibilité, ta vision, méritent un sol fertile, pas un terrain pierreux.

Déculpabilise

Dieu ne t'appelle pas à mourir étouffé.e par la culpabilité.
Il ne t'appelle pas non plus à frapper à une porte qui ne s'ouvrira jamais.

Il t'appelle à pardonner toujours pour ta liberté.
Et à discerner toujours pour ta paix.

Parfois, le plus grand acte de foi n'est pas de porter l’autre plus longtemps.
C'est de poser à terre ce qui pique, et de continuer à avancer.

Sur un autre chemin, avec d'autres compagnons,
libre.

Joseph a pardonné.
Joseph a testé.
Joseph a ouvert l'accès seulement quand la structure l'a permis.

Toi aussi, tu peux faire les trois.
Dans le bon ordre.
Sans culpabilité.
Juste avec la sagesse de celui qui sait repérer un scorpion.
Et qui choisit, en conscience, qui porter sur son dos.

C’est crucial, si tu veux avancer dans cette saison prophétique de réalignement divin.

✦ Pour aller plus loin

Chers lecteurs,

Je commence par vous remercier.

Merci à chacun d’entre vous qui m’a écrit depuis que j’ai repris l’écriture du blog de la transition. Vos messages, vos retours, vos témoignages de bénédiction reçue à travers mes articles, me touchent profondément.

Je vous remercie du fond du cœur.

Aujourd’hui, je marque une pause. Je me rapproche de la méthode Eisenhower pour prioriser ce qui est essentiel et équilibrer productivité et pertinence.

Mes activités actuelles exigent mon attention maximale, et le blog, pour cette saison, descend dans ma grille des priorités. Le contenu déjà publié reste suffisant pour ceux qui souhaitent continuer leur cheminement.

Je ne vais plus publier régulièrement ici pour un temps.

Mais ce n’est pas un manque de volonté de partage.

Le confort de recevoir passivement des contenus est un risque spirituel, comme je l’avais écrit précédemment. Mathieu 7:7 nous rappelle : “Cherchez, et vous trouverez.” Vous trouverez des liens de contenus enrichissants sur mon site web et même sur mon ancien blog pour Esther Impact Ministries, publiés depuis 2013 et toujours accessible.

Mes livres écrits et publiés depuis 2016 sont également disponibles sur Amazon.

Tout est là pour ceux qui font l’effort de chercher activement.

Pour ceux qui souhaitent mes services dans d’autres domaines, je vous rappelle mon positionnement professionnel : j’accompagne les décideurs africains dans la régulation systémique en période de transition.

Ce travail se situe dans le marketplace, les affaires, la gouvernance.

C’est semblable au ministère de Daniel à Babylone, de Joseph en Égypte, d’Esther dans le royaume perse. Le langage y est stratégique, non chrétien, adapté à l’audience et à la mission. Si vous avez un projet concret ou une proposition sérieuse, vous pouvez me contacter via https://lnk.bio/nanoupraise

Depuis le début de cette saison, j’ai aussi entamé l’écriture de cinq livres.

Mon fonctionnement neuro divergent (TDAH, HPI) m’oblige à prioriser pour multiplier la productivité.

Parmi ces cinq livres, deux ou trois s’adressent aux chrétiens, les autres touchent à ma niche professionnelle. Certains seront publiés avec des maisons d’édition sérieuses.

Si vous êtes responsables d’une maison d’éditions, vous avez des contacts fiables ou vous voulez financer la publication de l’un de ses trois livres, je suis preneuse.

Mon adresse e-mail pour tout ce qui concerne le ministère chrétien est: [email protected].

J’échange uniquement sur des besoins ou propositions clairs et productifs.

Entre ces projets, je prévois aussi le temps de repos nécessaire.

C’est la raison pour laquelle le blog va faire une pause. Mais les contenus restent accessibles, et les liens sont disponibles pour ceux qui veulent continuer à creuser et à avancer.

Matthieu 25:20 “Celui qui avait reçu les cinq talents s'approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit: Seigneur, tu m'as remis cinq talents; voici, j'en ai gagné cinq autres”.

Soyez bénis.

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