c’est inconfortable alors je rejette

Il existe un phénomène humain très répandu, bien documenté par la psychologie, mais aussi clairement décrit dans la Bible.

Ce phénomène traverse :

  • la santé,

  • la race,

  • la neuro divergence,

  • le genre,

  • la classe sociale,

  • et la vie spirituelle.

On peut le formuler simplement :

L’être humain protège son confort cognitif avant la vérité.

Loin d’être une accusation ou un jugement moral, c’est un fonctionnement humain normal.

Le confort cognitif : de quoi parle-t-on ?

Le cerveau humain cherche avant tout :

  • à comprendre le monde de manière cohérente,

  • à éviter les tensions internes,

  • à préserver ce qui lui donne un sentiment de sécurité.

Quand une information, un témoignage ou une expérience :

  • contredit ce que nous croyons,

  • remet en cause un système auquel nous faisons confiance,

  • ou menace notre identité,

le cerveau ne cherche pas spontanément la vérité.

Il cherche d’abord à réduire l’inconfort.

C’est ce que la psychologie appelle la dissonance cognitive.

Pourquoi certaines expériences sont minimisées

Lorsqu’une réalité dérange, plusieurs réactions apparaissent presque automatiquement :

  • « Tu exagères »

  • « Je n’ai jamais vu ça »

  • « Ce n’est pas comme ça pour tout le monde »

  • « Ce n’est pas si grave »

Ces réactions ne viennent pas toujours d’un manque d’amour.
Elles viennent souvent d’un besoin de préserver l’équilibre intérieur.

Reconnaître la réalité de l’autre demanderait :

  • de remettre en question ses certitudes,

  • d’admettre que le système n’est pas juste pour tous,

  • d’accepter une forme de responsabilité.

C’est coûteux intérieurement.
Alors le cerveau protège le confort.

Ce mécanisme existe aussi dans la Bible

La Bible décrit ce phénomène avec une grande lucidité.

« Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.»

Jean 3:19

La vérité est rejetée non parce qu’elle est fausse, mais parce qu’elle dérange.

À qui m'adresser, et qui prendre à témoin pour qu'on écoute? Voici, leur oreille est incirconcise, et ils sont incapables d'être attentifs; voici, la parole de l'Eternel est pour eux un opprobre, Ils n'y trouvent aucun plaisir. »

Jérémie 6:10

Le problème n’est pas l’absence de message.
Le problème est l’indisponibilité intérieure à l’entendre.

Alors Amatsia, prêtre de Béthel, fit dire à Jéroboam, roi d'Israël: Amos conspire contre toi au milieu de la maison d'Israël; le pays ne peut supporter toutes ses paroles.

Car voici ce que dit Amos: Jéroboam mourra par l'épée, et Israël sera emmené captif loin de son pays. Et Amatsia dit à Amos: Homme à visions, va-t-en, fuis dans le pays de Juda; manges-y ton pain, et là tu prophétiseras.

Mais ne continue pas à prophétiser à Béthel, car c'est un sanctuaire du roi, et c'est une maison royale”. - Amos 7:10–13

Le prêtre demande au prophète de se taire, non parce qu’il a tort,
mais parce que son message menace l’ordre établi.

Quand la vérité dérange un système,
elle est écartée, pas discutée.

Jésus lui-même fait face à ce mécanisme

“À qui comparerai-je cette génération? Elle ressemble à des enfants assis dans des places publiques, et qui, s'adressant à d'autres enfants, disent: Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé; nous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés.

Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent: Il a un démon. Le Fils de l'homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent: C'est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie.

Mais la sagesse a été justifiée par ses œuvres”.- Matthieu 11:16–19

Jean-Baptiste est rejeté.
Jésus est rejeté.

Deux approches différentes, mais le même refus.

Le problème n’est pas le style.
Le problème est l’effet de la vérité sur ceux qui l’entendent.

La Bible montre que le refus n’est pas seulement intellectuel.
Il est émotionnel, cognitif et spirituel à la fois.

Ce que cela signifie pour les chrétiens neuro divergents

Les chrétiens neuro divergents perçoivent souvent :

  • les incohérences,

  • les contradictions,

  • les dissonances non résolues.

Dans une Église déjà fragilisée, cela peut devenir très douloureux.

Le problème n’est pas leur foi.
Le problème n’est pas leur sensibilité.

Le problème est souvent un système religieux qui :

  • valorise la conformité,

  • supporte mal la complexité,

  • confond paix et évitement.

Pourquoi expliquer ne suffit plus

Beaucoup de personnes atypiques s’épuisent à :

  • expliquer,

  • justifier,

  • prouver,

  • argumenter.

Mais il faut être lucide :

On ne peut pas forcer quelqu’un à entendre une vérité
qui menace son confort intérieur.

La Bible elle-même reconnaît cette limite.

« Ne parle pas à l’insensé, car il méprise la sagesse de tes paroles. »

Proverbes 23:9

Le mot insensé est traduit ici de l’hébreu “Keciyl” qui signifie aussi lourdaud ou arrogant.

Ce n’est pas du mépris mais du discernement pour ne pas insister là où le sens de vos paroles sera mal interprété ou mal reçu.

Conclusion

L’être humain protège son confort cognitif avant la vérité.

Ce constat est :

  • psychologique,

  • biblique,

  • universel.

Le comprendre permet :

  • d’arrêter de se justifier sans fin,

  • de choisir des espaces sûrs,

  • de ne plus confondre incompréhension et illégitimité.

En 2026, la sagesse n’est pas de convaincre tout le monde.
La sagesse est de discerner où la vérité peut être reçue.

Même Jésus n’a pas expliqué à tous.
Parfois, il a parlé.
Parfois, il s’est retiré.

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Dans certaines situations de transition, le problème n’est ni le manque de foi, ni le manque de vision, ni même le manque de compétences. Le blocage se situe plus en amont, au niveau de la décision elle-même.

J’interviens parfois, de manière ponctuelle et confidentielle, auprès de dirigeants confrontés à ce type de blocage structurel.
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